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AVANT ACCIDENT

posté le 07-09-2008 à 12:31:25

L'astrologue

-  Même le liseré noir !

L'astrologue déclama...

 

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Monsieur le Directeur Général

 

Ah ! les bêtes des bois ne savent pas écrire.

Mais honte et deuil ciel noir,

comment faut-il qu'on nomme

ces scribes qui demain diront d'un honnête homme :

je suis son assassin mais non son ennemi.
Ces drôles que je n'eusse enfin pas cru possibles

jadis quand d'espérance hélas je m'enivrais

n'ont pas la probité d'être des monstres vrais.

 

Je suis haïe, pourquoi ?

Je suis calomniée, pourquoi ? Parce que j'aime

les bouches sans venin, les coeurs sans stratagème...

Je sens au fond des cieux quelqu'un qui voit mon âme.

Cela suffit. Le flot ne brise point la rame,

le vent ne brise point l'aile, l'adversité

ne brise pas l'esprit qui va vers la clarté.

 

Puisque je suis étrangère au milieu de la ville.

Puisque je veux la vie amère et jamais vile.

Puisque je me dévoue avec stupidité.

Puisque je dis qu'il faut pour que l'Etat prospère

civiliser le riche autant que l'indigtent,

qu'il fut panser l'ulcère et qu'il est moins urgent

de punir les effets que de guérir les causes.

Puisque je perds mon temps à répéter les choses

et puisque qu'on ne veut même pas en faire l'essai :

 

 Oui, vous avez raison

Je suis une imbécile !

J'ai vu des naufragés qui s'enfonçaient dans l'ombre

sans aide et j'ai sauté sur le vaisseau qui sombre.

Aimant mieux leur malheur que votre joie à tous

et périr avec eux que régner avec vous.

 

Tout nous ment : l'âtre est noir, la Patrie ingrate.

Prêtre pense à Jésus ; juge pense à Socrate.

L'homme rend la justice ainsi qu'il joue aux dés.

Quand tour à tour et l'un après l'autre accoudés

on meurt, qu'est-ce que vos aéropages

conciles et sénats, conclaves et divans ?

Hélas l'enfant sanglote et l'homme se lamente.

Ignorer c'est pleurer et savoir c'est gémir...

 

 


 
 
posté le 07-09-2008 à 22:38:37

Vous qui vous croyez grands...

Vous qui vous croyez grands et nous croyez petits,

regardez la Lueur et soyez avertis

que nous ne serons pas toujoiurs le troupeau triste,

et que l'avenir ce flamboiement existe.

C'est le juge déjà. C'est l'Idéal ô princes !

C'est le Réel. Règnez soit; Prenez des provinces.
Volez-vous entre-vous, des peuples triomphez.

Respirez notre espace à nous les étouffés.

Mangez, buvez, chez nous les affamés.

C'est patience au sombre et douce délivrance,

au zénith une flamme informe le Destin.

 

La Vérité, Lumière effrayée, Astre en fuite,

ainsi qu'une clarté passe en une forêt.

On rit d'abord, le rire a fait plus d'un  linceul.

Puis on s'indigne. Il faut qu'un tel forfait expie.

L'homme osant n'être pas aveugle est un impie.
Il sait l'heure, il connaît l'astre, il a l'insolence

d'être une voix chez nous qui sommes le silence.

Il vit là-haut, il est ce monstre le penseur.
Les ignorants naïfs et les savants complices,

tous, car c'est l'homme auquel on ne pardonne point,

arrivent et chacun avec sa pierre au poing.

L'ennemi public meurt. Bien, tout s'évanouit.

La sainte cécité publique est rétablie,

l'ordre n'est plus troublé par un noir songe creux,

On est des loups contents et des ânes heureux.

 

La Vérité, c'est elle errante Ame du monde

avec son évidence ou nul rayon ne ment,

dit : "Terre c'est moi, qui donc m'a demandé ?"

 

Paris, le grand Paris agonise.

Je dis à messieurs les Bonhommes d'Etat :

les Droits de l'homme sont une assez triste farce.

Le monarque est le char, le peuple est le pavé.

Nous n'avons rien créé, nous n'avons rien trouvé,

à nos inventions mettons le bonnet d'âne.

 

Quoi ? Pauvres déshérités,

votre sort vous accable et vous le complétez

par de la haine ayant trop peu de la souffrance

vous vous entr'égorgez fils de la même France !

J'entends autour de vous cette mère crier :

à la fraternité rien ne peut suppléer !

 

Ah réflféchissez ! Dieux vous créa pour créer,

pour faire des vivants et vous faites des morts.

Vivez, marchez, pensez, espérez, aimez-vous !

 

Tout bien qui naît du mal des autres est bâtard.

 

Les prospérités sont menteuses sortant des misères publiques.

 

Votre âme y devient spectre, et, maîtres des royaumes,

Hélas sans même le savoir, vous êtes des fantômes !

 

Homme craint la balance où tout Destin s'achève,

 

Le mal qu'on fait est lourd, plus que le bien qu'on rêve...

 

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- Ben dis donc ! Tu as l'intention de soumettre ce cas pendant l'émission ?


- Je ne sais pas encore. Je vais peut-être l'inviter un après-midi. J'aimerais obtenir le maximum d'informations.


-  Sois sympa. Permets-moi d'y assister. Il me serait très utile de monter son horoscope...Si là on ne vérifie pas certains aspects !




 


Commentaires

 

1. rimesoudeprime  le 07-09-2008 à 22:53:20  (site)

petite visite.

 
 
 
posté le 08-09-2008 à 10:45:08

Premier rêve

Mille étoiles faisaient la cour à la jumelle détestée de Lilith...

 

Sous ce firmament luxuriant elle avançait d'un pas assuré, ravie que cette fin de cycle soit advenue couronnée par un diplôme prestigieux...

 

Elle était major d'Harward ! La vie était merveilleuse !

 

Son père allait certainement lui accorder la présidence d'une de ses nombreuses compagnies...

Le fils du Président n'avait pas cessé de caresser sa somptueuse chevelure soyeuse lors des slows retenus sur son premier carnet de bal...

 

Le gala de clôture organisé par l'université était féérique. Toute la High Sociéty l'avait félicitée. Admirée. Enviée...

 

Besoin de se rafraîchir et de savourer en silence son triomphe, elle avait décidé de faire quelques pas, seule, dans le parc.

Les talons vernis noir s'enfonçaient dans la pelouse. Elle se dirigea vers les odorants massifs de roses éblouissants sous les rayons lunaires... La légère brise taquinait sa frange. Coulait sur son visage. Bienfaisant massage tonifiant après quelques cocktails et danses ininterrompues. Coiffait ses boucles apprêtées avec talent.

 

La vie était merveilleuse.

Tous ses rêves à ce-jour avaient été exaucés...

La vie était merveilleuse...

 

Non !

Son cri s'étouffa dans sa gorge.

 

 


 
 
posté le 08-09-2008 à 12:47:27

Premier rêve /2

Un baillon d'étoffe grossière,  huileux et malodorant, meurtrit ses douces lèvres pulpeuses délicatement fardées.

L'émail de ses petites perles se raya sous les sables poisseaux du brutal coup de chiffon qui plaqua sa langue gourmande contre sa frôle luette.

Ses narines affolées se bouchèrent.

Ses mains cherchèrent vainement à atteindre son visage pour retirer ce mors vulgaire.

 

Des milliers de doigts, de bras, la corsetaient. La hissèrent du sol. La jetèrent dans un énorme sac rugueux.

 

Secouée dans ce foetus sableux grenaillé de pommes de terre bintje...elle s'évanouit.

 

Non !

Son être se déchirant lui rendit conscience...

Ses yeux horrififés perçurent une forêt de mille verges dressées qui à tour de rôle s'affalèrent entre le canyon de ses jambes... Soudées, pliées et ficelées aux bareaux de fer d'un vieux lit d'enfant.

 

Son âme défaillit.

 

Non.

Pourquoi ce raz-de-marée glacial ?

Pourquoi ces faces haineuses apparaissant en un halo brumeux pestilentiel ?

Pourquoi ce feu consumant ses parures de fête ?

 

POURQUOI ?!

 

Les sauvages savouraient leur vengeance...

Ils l'avaient tirée du néant afin qu'elle la réalise...

 

Des siècles que leurs familles, privées de Liberté, subissaient les conséquences des injustices des pouvoirs...

Des générations qu'ils n'obtenaient que de précaires emplois, nés d'honteuses inégalités sociales, leur octroyant juste de quoi survivre...

Des années que leur coeur ne pouvait naître et s'épanouir dans la chaleur de la fraternité humaine.

 

Ils la laissèrent nue. Recouverte de leurs spermes de rejetés ; dans ce réduit à poubelles ...recouvert de seringues et de mégots...

 

La vie de Liberty-Joana...désormais, était soumise aux aléas d'une patrouille.

Elle était libre, comme  millions de sans-abri ni emploi qui dans ce pays aux masques d'opulence crevaient pire que des chiens...

 

NON !

 

 

 


 
 
posté le 09-09-2008 à 09:17:56

Deuxième rêve

Egalitpovna-Maroussia avançait péniblement et lentement sur la terre fraîchement recouverte des premiers flocons d'octobre...

 

Ses quatre-vingt automnes courbés sur son gracile squelette, nanti de peau gercée et crevassée, revêtu d'une succession de haillons dénichés dans les maigres poubelles des villages qu'elle traversait la nuit...

 

Voilà soixante-dix ans qu'elle s'était enfuie.

 

La petite cabane où son père les avait cachés...

La horde armée, vociférante, haineuse...

 

Son magnifique papa battu, attaché, refusant de répondre aux questions. Le sabre gigantesque, lumineux qui le fendit en deux et ruissela d'énormes larmes de sange...

 

Oh ce rouge ! ... Il la hantait toujours...

Sa douce maman traînée dehors, dont les  cris résonnaient encore dans ses vieux tympans...

 

Le brasier diabolique qui s'évanouit en cendres sur la terre désolée...

 

D'instinct elle avait fuit ce monde adulte et s'était jurée de ne jamais lui accorder sa confiance...

 

Pourtant quelle joie dans la chaumine quelques temps avant la fuite ...

Ses parents riaient, s'embrassaient continuellement. De nombreux amis venaient dîner, discuter et chanter...

 

Le tyran et les profiterus étaient vaincus.
Le peuple régnait.

Ils étaient tous égaux, chacun promis au bonheur...

 

 

 


 
 
 

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